LA PLAQUE COMMÉMORATIVE MARCEL DASSAULT À VÉLIZY-VILLACOUBLAY

Plaque commémorative Marcel Dassault à Vélizy-Villacoublay.
Plaque commémorative Marcel Dassault à Vélizy-Villacoublay.

Curieusement plantée dans la terre, cette plaque en hommage à Marcel Dassault se situe Square des Cèdres dans le quartier Le Village à Vélizy-Villacoublay. Ce square se nommait jusqu’à une époque récente Square Marcel Dassault avant d’être débaptisé...

À l’origine, deux petites reproductions en métal, une hélice « Éclair » et un avion « Rafale », étaient fixées sur cette plaque. On imagine que celles-ci ont été volées et qu’elles n’ont jamais été remplacées.

Vous connaissez sûrement le nom de Dassault, célèbre constructeur aéronautique Français, mais savez-vous qu’en fait il s’agit d’un nom inventé par Marcel Bloch, qui à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, a décidé de changer de patronyme…

UN GÉNIE DE L’AÉRONAUTIQUE ET DE L’INTUITION

Marcel Bloch pratique l'algèbre (1912-1913).
Marcel Bloch pratique l'algèbre (1912-1913).

Marcel Bloch est né le 22 janvier 1892 à Paris. Fils de médecin, dernier d'une famille de quatre enfants, il se passionne dès son jeune âge pour les nouveautés technologiques et, notamment, l'électricité. Après ses études secondaires, il entre à l'école d'électricité Breguet puis intègre l'école supérieure d'aéronautique dont il sort diplômé en 1913.

 

Sa contribution à l'aéronautique française débute lors de la Première Guerre mondiale. Versé au laboratoire d'aéronautique de Chalais-Meudon, il met son talent d'ingénieur au service de la France en créant en 1916 une hélice baptisée Éclair et un biplace de chasse, le SEA 4 (1918) en collaboration avec Henry Potez et Louis Coroller.

En juillet 1919, Marcel Bloch se marie avec Madeleine MINCKÈS avec laquelle il aura deux enfants :

Claude (1920) et Serge (1925).

 

Sa Société est nationalisée par le Front Populaire en 1936. Ses usines et son bureau d’études intègrent la Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Ouest (SNCASO) dont il est nommé administrateur délégué. Le 12 décembre de la même année, il crée la Société anonyme des avions Marcel Bloch (SAAMB) qui gère les droits de licences des avions Bloch d’avant la nationalisation et construit des moteurs puis des hélices.

Marcel Bloch en habit de déporté (1945)

Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, ses appareils contribuent à la défense du ciel de France en 1939-1940. Après l’Armistice, Marcel Bloch est interné par le gouvernement de Vichy. Il refuse de collaborer avec l’envahisseur et, après avoir connu avec sa femme et ses enfants le fort de Montluc à Lyon puis le camp de Drancy,

il est déporté à Buchenwald durant huit mois. À son retour de déportation, l’avionneur confie : « Marcel Bloch est mort à Buchenwald. » 

 

Photo ci-contre :Marcel Bloch en habit de déporté (1945).

J.O du 15.02.1949
J.O du 15.02.1949

En 1946, il fait changer son patronyme en Bloch-Dassault (décret paru au Journal officiel du 4 décembre 1946), puis en Dassault (décret paru au Journal officiel du 15 février 1949). Dassault est tiré du nom de code Chardasso, « char d'assaut », un des pseudonymes utilisés par son frère, le général Darius Paul Bloch, dans la Résistance (assault étant la traduction anglaise d'assaut). Une autre version explique que Marcel Bloch a choisi de rajouter un L à Dassaut pour faire référence à une aile d'avion.

Sa société devient la Société des Avions Marcel Dassault qui produit les premiers avions à réaction français : Ouragan (1949), Mystère II (1952), Mirage III (1956), Mirage IV (1959) qui équipe les forces nucléaires françaises et l'avion civil, bi-réacteur d'affaires Mystère-Falcon (1963). Une division électronique est créée en 1954 pour le développement du guidage de missiles.

Marcel Dassault devant un Mystère IV.
Marcel Dassault devant un Mystère IV.

Absorbant les usines Bréguet dont celle de Vélizy-Villacoublay, la SAMD est renommée Avions Marcel Dassault-Bréguet Aviation (AMD-BA) en 1971. Elle produit alors l'Alpha Jet (1973), avion d'entraînement qui équipe entre autres la Patrouille de France, le Mirage 2000 (1978), l'avion de transport de passagers Mercure 100 (1973), les Rafale et des évolutions de la série des Falcon. Il se crée ainsi un groupe industriel militaire et civil centré sur l'aviation, l'électronique (Électronique Serge Dassault) et l'informatique (Dassault Systèmes). La Société AMDBA sera renommée Dassault Aviation en 1990.

Marcel Dassault explique lui-même le choix du nom pour ses appareils : « C’est en souvenir du livre Le Docteur Mystère qui m’avait passionné dans mon enfance, que j’ai appelé mon premier avion supersonique Mystère. Mes avions Mirage, du fait de leurs qualités d’attaque et d’évasive, sont aussi invulnérables aux coups de l’adversaire que le mirage est insaisissable pour le voyageur du désert, d’où le nom Mirage ».

Marcel Dassault est décédé le 17 avril 1986. Un hommage exceptionnel lui a été rendu par le Gouvernement, les plus hautes autorités de l’État ainsi que par la presse nationale et internationale lors de ses obsèques qui, geste unique envers un industriel français, se sont déroulées aux Invalides.

Pour découvrir le destin exceptionnel de Marcel Dassault, voici un reportage de RMC Découverte :

Sources : Dassault Aviation / Wikipédia

Crédit photo : Dassault Aviation


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