LE CHÂTEAU DISPARU DU DOMAINE DE LA COUR ROLAND

Plan de la Cour Roland en 1812 - Archives départementales des Yvelines.
Plan de la Cour Roland en 1812 - Archives départementales des Yvelines.

Situé en grande partie sur le plateau de Villacoublay, le domaine de la Cour Roland jouxte la base aérienne 107 de Villacoublay. De nombreux propriétaires vont se succédé depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours.

 

Selon la monographie communale d’un instituteur de Jouy-en-Josas (1899), la Cour Roland est déjà mentionnée sous le règne de Saint Louis, dans un acte de 1250.

 

 

Le domaine appartint longtemps à l'abbaye du Val-profond à Bièvres. Il fut vendu en 1389 par l’Abbesse Denise la Ninode, date à laquelle il était en l'état de « ruyne et desert » suite à la guerre de Cent Ans (1337 à 1453).

Dans le Nécrologe des Chartreux de Paris, on trouve un bourgeois de Paris qui se nomme Nicolas Roland et qui fut seigneur du Plessis.

 

Le 26 mai 1511, Jean Gobelin l'aîné, marchand teinturier en écarlate, achète le domaine qui a été bien réhabilité puisqu'il comporte « un hotel, manoir, cour close de murs, grange, coulombier, jardins et tout le lieu appele l'hostel de la Cour Raoulant. » Le domaine reste aux mains de la famille des Gobelins jusqu'en 1596.

 

En 1618, la cour Roland appartient à Jean Rouland, Procureur au Parlement de Paris.

En 1660, il fut acquis par Antoine Broutel, sieur du Val, ingénieur- architecte des Bâtiments du Roi et Catherine Poignant, sa femme. De nombreux travaux d’embellissement furent engagés. Selon un texte de 1672 « la ditte maison consiste en une ferme bâtie de neuf, en forme carrée ... avec grange, colombier à pied de forme carrée, hangars, logis manable, écurie, vacherie, bergerie, toits à porcs et poulaillers. Quant au principal corps de logis, il est en cours de construction à ce moment-là. »

Le château du domaine de la Cour Roland.
Le château du domaine de la Cour Roland.

En 1710, la Cour Roland appartient à M. de Sainte-Marthe, Commissaire ordinaire des guerres, puis à M. Louis de Waubert ancien fermier général (fermier général de 1715 à 1719).

 

En 1718, il passe aux mains du marquis de Cardaillac et selon la description d'un contemporain « c'est une simple maison bourgeoise qui, par les embellissements que l'on y fait depuis un an va devenir une magnifique guinguette ». Le plus remarquable sont les jardins qui l'entourent. 

Conrad Alexandre Gérard.
Conrad Alexandre Gérard.

En 1770 le domaine appartient à Conrad Alexandre Gérard juriste puis diplomate, qui est chargé par Louis XVI d’établir des contacts avec les treize États-Unis d’Amérique nouvellement fédérés. À Versailles et à son domicile privé de la Cour Roland, il reçoit les agents secrets, les marchands d'armes, les « commissaires » américains. Le 6 février 1778, il signe à Paris, au nom du Roi Louis XVI, le Traité d'Amitié et de Commerce franco-américain avec Benjamin Franklin, Silas Deane, Arthur Lee.

 

Le portrait de Conrad Alexandre Gérard occupe une place d’honneur au musée de l’Indépendance à Philadelphie. Tableau de Charles Willson Peale — Independence National Historical Park, Philadelphia. 

La grotte artificielle crée par Julien Adanson existe toujours.
La grotte artificielle crée par Julien Adanson existe toujours.

En 1849 le domaine est vendu par adjudication à Julien Adanson (neveu du célèbre naturaliste Michel Adanson). Il agrandit le domaine, transforme le parc et ajoute une grotte artificielle en blocs de meulière à l’extrémité de la pièce d’eau.  En 1855, il lègue une partie de sa fortune à la municipalité de Jouy-en-Josas « pour fonder et entretenir à Jouy un hospice sous l’invocation de Ste Suzanne pour les malades. »

Plus tard, une nièce de la famille Mallet, Cécile Portau, future Mme de Mettetal, achète le domaine, agrandit le château en ajoutant un pavillon à chaque extrémité. En 1872 le baron Charles Jean PELLENC en devient le propriétaire. 

Ruines du château de la Cour Roland.
Ruines du château de la Cour Roland.

Son fils, le Général André Jean Joachim Augustin PELLENC héritera du château qui sera gravement endommagé, du fait de sa proximité de la base aérienne, par les bombardements pendant la Deuxième Guerre mondiale (39/45).

 

En 1962, l'État acquiert une partie de l’ancien domaine de la Cour Roland (31 hectares) dans le cadre des projets d’urbanisation du plateau de Vélizy-Villacoublay et en attribue une partie au district de la Région Parisienne qui se nommera par la suite, Région Île-de-France.

 

Dans les années 70, le château abandonné depuis de nombreuses années sans entretien ni réparation, est détruit sauf les anciens communs qui seront restaurés pour héberger les Ateliers de la Cour Roland et le Relais Nature.

En 1974, le domaine situé sur la commune de Jouy-en-Josas est cédé pour une durée de 60 ans au Syndicat Intercommunal d’Aménagement de Jouy-Vélizy (S.I.A.J.V.) qui y fait construire des équipements sportifs et de loisirs. La partie boisée (environ la moitié du domaine) est gérée par l’Office National des Forêts.

Passerelles dans la partie boisée du domaine de la Cour Roland.
Passerelles dans la partie boisée du domaine de la Cour Roland.

Références :

- Archives départementales des Yvelines

- Monographie communale de l'instituteur de Jouy-en-Josas, 1899

- Jouy 78 Histoire.


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