L’ÉPIPHANIE ET LA FÊTE DES ROIS

Les Rois mages suivent l'étoile qui annonce la naissance de Jésus.
Les Rois mages suivent l'étoile qui annonce la naissance de Jésus.

Le terme « Épiphanie » vient du grec et signifie « apparition ». L’Épiphanie se célèbre le 6 janvier, douze jours après Noël. Pour l’Église orthodoxe, il s’agit de la commémoration du baptême du Christ dans le Jourdain, alors que l’Adoration des Mages se fête le 25 décembre !

 

En France, l’Épiphanie célèbre la présentation de Jésus aux Rois mages, c’est pourquoi on l’appelle souvent la fête des Rois. Depuis 1970, elle est fixée au premier dimanche qui suit le 1er janvier.

Les rois mages devant Hérode.
Les rois mages devant Hérode.

La fête des Rois

Aujourd’hui, il n’existe que peu de rapport entre l’Épiphanie, religieuse, et la fête des Rois, familiale.

Aux premiers siècles de la chrétienté, l’Épiphanie avait été fixée au 06 janvier pour se substituer aux anciennes fêtes du solstice d’hiver, qui étaient célébrées en Orient le 06 janvier, de la même manière que l’Église avait fixé au 25 décembre la Nativité en Occident. Seul l’Évangile de Matthieu évoque l’épisode des Rois mages : « Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici que les Mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile à l’Orient et nous sommes venus l’adorer » (Matthieu, 2, 1-3). L’Épiphanie fut introduite en Occident au cours du Ive siècle et rencontra vite la ferveur populaire en raison du développement du culte des Rois mages, surtout à partir du Moyen Âge. D’abord à cause de l’importance du pèlerinage à Cologne, où, selon la légende, ils seraient enterrés. Parce qu’ils avaient suivi l’étoile jusqu’à Bethléem, ils étaient devenus les protecteurs des voyageurs et des pèlerins. Ensuite, Melchior, Caspar (ou Gaspard) et Balthazar avaient été rendus très populaire par les drames liturgiques où leur apparition, très attendue des spectateurs, était synonyme de dépaysement et d’exotisme.

Inscription CMB sur le linteau d'une porte
Inscription CMB sur le linteau d'une porte. 20 et 19 pour l'année.

C’est en Alsace que le culte était le plus vivant. Les Rois mages protégeaient les voyageurs, qui ne manquaient pas de porter sur eux des billets de protection à l’effigie des Rois Mages. Ils protégeaient aussi les maisons, où l’on inscrivait leurs initiales, C.M.B. qui reprennent celles de la bénédiction : « Christus Mansionem Benedicat », (que le Christ bénisse la demeure) sur les tuiles, les poutres, les linteaux. Ces inscriptions pouvaient être gravées ou peintes, ou encore tracées à la craie bénite le 06 janvier de chaque année. Des estampes accrochées au mur assuraient aussi la protection de la maison. Les Rois mages étaient également invoqués pour éloigner la foudre ou la grêle, pour écarter le mauvais sort, pour arrêter la maladie, guérir les maux de tête…

Galette des Rois  feuilletée.
Galette des Rois feuilletée.

La galette

La coutume de partager une galette ou une brioche le jour des Rois remonterait au XIVe siècle. Souvent dans les campagnes, les gâteaux du Nouvel An ou des Rois, comme ceux consommés à Noël, étaient des petits pains un peu plus raffinés qu’à l’ordinaire, ou encore des crêpes, des gaufres ou des galettes. C’est-à-dire des pâtisseries simples, réservées aux jours de fête que l’on pouvait confectionner chez soi. Selon la coutume, il ne fallait pas couper le gâteau, mais le casser pour le partager. Les boulangers des villes réalisaient aussi des galettes ou des brioches, qu’ils offraient à leurs clients.

Galette des Rois avec fève en haricot.
Un haricot sec en guise de fève.

Depuis le Moyen Âge, une fève ou un haricot sec était caché dans la pâte. Dans les familles, la tradition voulait que le plus jeune enfant prenne place sous la table pour tirer au sort les parts et que le père pose la question rituelle : « Phoebe Domine, pour qui ? » Et il ne fallait pas oublier « la part à Dieu ». Celui qui avait reçu la fève devenait roi et pouvait désigner sa reine. Dans le Nord de la France, on n’utilisait pas une fève, mais des billets imprimés pour tirer les rois. Distribués aux convives, ils comportaient des couplets de chansons à boire. Celui qui oubliait son tour avait un gage : son visage était barbouillé de suie !


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