14 JUILLET : FÊTE NATIONALE

Il y eut d’abord les 27 juillet, 10 août et 15 août… Mais ce n’est qu’en 1880 que la date

du 14 juillet est adoptée par la République pour célébrer la fête de la Fédération de 1790.

La fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 – Dessin de Charles Monnet.
La fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 – Dessin de Charles Monnet.

Que célèbre-t-on exactement le 14 juillet, jour

de la fête nationale en France ? Cette date évoque immédiatement dans l’inconscient collectif la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789.

 

Pourtant, elle est censée évoquer un autre 14 juillet. Celui qui se déroule un an après, en 1790. Ce jour-là, les révolutionnaires fêtent précisément le premier anniversaire de la prise de la Bastille, dans un esprit d’apaisement.

C’est la raison pour laquelle ils donnent à cette célébration le nom de la fête de la Fédération. La fête est supposée annoncer la fin de la Révolution et la réconciliation des Français fondée sur

la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Il faut un lieu à l’échelle de l’événement. Le vaste Champ-de-Mars est choisi et aménagé pour l’occasion. Le roi et la reine, dans leur tribune royale tapissée de velours violet, les délégués des fédérations provinciales et trois cent mille Parisiens se réunissent devant l’École militaire. Au centre est dressé l’autel destiné aux prestations de serment des fédérés.

Serment de La Fayette à la Fête de la Fédération - 14 Juillet 1790.
Serment de La Fayette à la Fête de la Fédération - 14 Juillet 1790.

Quatorze mille soldats, venus de toute la France, vont jurer de défendre et de conserver « la liberté, la Constitution et la loi ». Comme eux La Fayette, capitaine de la garde nationale parisienne, les députés de l’Assemblée, puis les souverains vont prêter serment et assister à la messe célébrée par Talleyrand, l’évêque d’Autun.  La jeune République américaine est invitée, elle aussi. Des milliers de cérémonies semblables se déroulent à travers le royaume, et toutes se terminent dans la liesse par des réjouissances populaires, dont nos bals du 14 juillet sont les héritiers.

 

La République n’existe pas encore. Au cours de la période révolutionnaire, le 14 juillet sera célébré par intermittence, en fonction des événements.

La République triomphante préside à la grande Fête Nationale du 14 juillet 1880.
La République triomphante préside à la grande Fête Nationale du 14 juillet 1880.

 Il sera notamment éclipsé par le 10 août 1792, date de l’abolition de la monarchie. Sous le Directoire, de 1795 à 1799, le 14 juillet est oublié au profit de la commémoration du 9 thermidor (24 juillet 1796), marquant le deuxième anniversaire de la chute de Robespierre. À l’époque du Consulat, il est rebaptisé « journée de la Concorde » et se résume à un simple défilé militaire. En 1800, lors des dix ans de la fête de la Fédération, une parade de la garde consulaire, des Tuileries au Champ-de-Mars, en rappelle les grandes heures. 

Devenu empereur, Napoléon 1er finit par supprimer la célébration du 14 juillet, remplacée par celle du 15 août, jour de son anniversaire. Après 1814, les Bourbons interdisent ce pénible souvenir de la Révolution. Il ne ressurgit que sous la IIIe République. La loi du 6 juillet 1880 dispose que « la République adopte comme jour de fête nationale annuelle le 14 juillet », en se référant non pas à 1789, mais à 1790. En 1939, lors des 150 ans de la fête de la Fédération, le 14 juillet sera dédié, par le chef du gouvernement Édouard Daladier, à la « fête de l’unité nationale ». Un bouquet final, avant sa suppression sous l’Occupation Allemande, pendant quatre ans.


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