ANCIENNE APOTHICAIRERIE DE SAINT-GERMAIN-EN-LAYE

Ancienne apothicairerie de Saint-Germain-en-Laye.
Ancienne apothicairerie de Saint-Germain-en-Laye.

Les Yvelines (78) – Terres d’Histoire

La première mention d'une apothicairerie dans le Royaume de France remonte au XIIIe siècle. Après l'accueil des pauvres par les institutions ecclésiastiques durant le Moyen Âge, les apothicaireries sont mises en place dans les hôpitaux et les Hôtels-Dieu.

 

Cette ancienne apothicairerie est constituée d’objets provenant des deux hôpitaux royaux fondés à Saint-Germain-en-Laye : l'Hôpital général et l'Hôpital de la Charité. Elle se trouve actuellement dans la bibliothèque municipale de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines – 78).

L'ancien Hôtel-Dieu de Paris peu avant sa démolition. Vue prise depuis la rive gauche, en 1865.
L'ancien Hôtel-Dieu de Paris peu avant sa démolition. Vue prise depuis la rive gauche, en 1865.

C’est en 1258 en France que Saint Louis reconnaît la profession d’apothicaire qui se doit de préparer et vendre les remèdes. C’est en quelque sorte l’acte de naissance officiel de la pharmacie telle que nous la connaissons aujourd’hui.

 

En 1495, un premier document témoigne de l'existence d'une apothicairerie à l'Hôtel-Dieu de Paris.

 

Les Hôtels-Dieu deviennent alors la traduction architecturale de cette nouvelle orientation sanitaire, et les Apothicaireries, le témoignage d'un savoir-faire ancestral.

Les apothicaires se mettent peu à peu à élaborer les remèdes à base de plantes, d’animaux et de minéraux. Les plantes les plus courantes sont cultivées dans le jardin des simples, principale source médicinale de l’époque, généralement situé derrière l’apothicairerie. Les plantes et produits rares sont importés de Tyr au Liban (encens, myrrhe, poivre, gingembre, cannelle, safran et aloès), d’Inde (ipécacuana, gaïac et quinquina). Sur les animaux sont récupérés les cornes, les os, les griffes, les cerveaux ou encore les substances excrétées comme les calculs, l’ambre et le musc. Parfois ils sont entièrement séchés.

 

Du règne minéral, sont utilisés les métaux (arsenic, mercure et antimoine), les sels minéraux (aluns, salpêtre), les pierres précieuses (saphir, rubis, coraux, perles…), ainsi que des substances minérales obtenues après préparation (sublimés corrosifs, composés organiques).

Au Moyen Âge, les officines des couvents et des hôpitaux sont destinées au seul usage des religieux et du personnel. Un moine-infirmier est chargé de la réserve des simples et de la préparation des remèdes.

Il tient alors le rôle de l’apothicaire, ce qui conduit à la création de différends entre les administrations hospitalières et les apothicaires des villes, et ce jusqu’à la fin du XIXe siècle pour les hôpitaux des petites villes.

Apothecary shop – XIIe siècle - Sloane 1977 – f°. 49v - Mattheus Platearius © British Library
Apothecary shop – XIIe siècle - Sloane 1977 – f°. 49v - Mattheus Platearius © British Library

Des rivalités entre les apothicaires, les épiciers et les chirurgiens-barbiers existent aussi. Leurs métiers se chevauchent. Jean Renou écrit dans ses « Œuvres pharmaceutiques » que l’huile, la cire, le sucre et le miel sont les quatre principaux piliers d’une boutique pharmaceutique. On comprend mieux les protestations de la part des ciriers, herboristes, barbiers-chirurgiens (emplâtres et onguents) et épiciers (précieuses épices et décoctions) à l’encontre des apothicaires.

 

Malgré cela, il existe des statuts réglementant la formation professionnelle des apothicaires et surveillant de près la qualité des marchandises. Mais chaque ville possède son propre règlement.

 

Une séparation entre les apothicaires et les épiciers est décidée une première fois en 1691. Mais elle ne sera effective qu’en 1777 avec la Déclaration royale. Celle-ci précise le monopole des pharmacies et détermine les devoirs et les droits des Maîtres en pharmacie.

Au XIXe siècle, les hôpitaux civils de Lyon, Marseille et Paris ont des pharmaciens diplômés. Le 23 février 1802, Paris met en place le concours pour le corps des pharmaciens hospitaliers. Le 2 novembre 1814, est créé l’internat en pharmacie et en 1897, la première femme est reçue au concours de pharmacie des hôpitaux de Paris. Le XIXe siècle voit aussi le développement des laboratoires pharmaceutiques.

 

À partir du 11 septembre 1941, la gestion des pharmacies hospitalières est donnée à des pharmaciens diplômés. Le décret du 6 mai 1988 définit les statuts des pharmacies hospitalières.


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