HISTOIRE DU 1er MAI : DE L'ARBRE AU MUGUET

Miniature de Robinet Testard, extraite du Livre d’Heures de Charles d’Angoulême BnF lat. 1173, fol. 20v.
Miniature de Robinet Testard, extraite du Livre d’Heures de Charles d’Angoulême. BnF lat. 1173, fol. 20v.

Fête du travail et du muguet porte-bonheur, le premier jour du mois de Flore, déesse des fleurs et du printemps, a revêtu au cours des siècles une autre signification, celle du retour des beaux jours et de la célébration de l'amour. Dès le Moyen Âge, pendant la nuit du 30 avril, les jeunes célibataires se rendent en forêt pour y couper « l'arbre de mai », symbole du renouveau du printemps. Décoré de fleurs et de couronnes, il est ensuite planté devant la porte des parents de la jeune fille convoitée comme gage de fiançailles ou, parfois même, sur le toit de la maison. À l'inverse, son absence est signe de rupture ! Cet arbre peut aussi être érigé collectivement sur la place du village en l'honneur des filles à marier, mais aussi pour honorer un personnage de rang élevé. Ainsi, à Paris, chaque année, les clercs de la basoche le coupent dans le bois de Vincennes et le plantent dans la grande cour du Palais de justice, toujours nommée depuis « la cour du Mai ». À Lyon, les imprimeurs élèvent un « mai » devant la porte du gouverneur.

Avec le temps, les soupirants vont abandonner la coutume de l'arbre de mai pour l'offrande d'un bouquet de muguet. La tradition attribue à Charles IX, aux alentours de 1560, l'idée d'offrir du muguet aux dames de la Cour le 1er mai. Mais l'usage ne s'enracine véritablement qu'au début du XXe siècle en Île-de-France et, en particulier dans les Yvelines, pays du muguet.

À Meudon, Chaville ou Rambouillet se déroule, chaque

1er mai, une fête du muguet au cours de laquelle une reine est élue. Le muguet est bientôt concurrencé par l'églantine, devenue l'emblème des revendications sociales.

Avis à la population après la fusillade du 1er mai 1891 à Fourmies.
Avis à la population après la fusillade du 1er mai 1891 à Fourmies.

En 1886, les syndicats américains réclament l'instauration de la journée de travail de huit heures à partir du 1er mai. Les milliers de grèves organisées au cours du printemps donnent lieu à une violente répression, comme à Chicago. Trois ans plus tard, en juillet 1889, le Congrès internationale socialiste de Paris fait du 1er mai une journée de revendication des travailleurs en hommage aux morts de Chicago. Aux États-Unis comme en Europe, les ouvriers continuent d'exiger la journée de huit heures. De grandes manifestations sont organisées. Mais le 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord de la France, l'armée tire sur la foule faisant plusieurs morts. En souvenir du sang versé, les militants vont choisir d'épingler une églantine écarlate, fleur traditionnelle du Nord, à leurs boutonnières.

Ironie de l'histoire, c'est le régime de Vichy qui institue la fête du travail le 1er mai afin de récupérer le mouvement syndicale, mais substitue à l'églantine, jugée trop révolutionnaire, le muguet. À la libération, la IVe République entérine la décision du gouvernement du maréchal Pétain et fait du 1er mai, par la loi du 29 avril 1947, un jour chômé et payé. Le blanc muguet a définitivement détrôné la rouge églantine.

Habituellement en France, la vente de fleurs sur la voie publique est interdite. Cependant, le 1er mai, la vente du muguet sauvage est autorisée pour les particuliers à titre exceptionnel conformément à une longue tradition.

Vente de muguet dans les rues de Paris, le 1er mai 1924  - Photo : Agence Rol.
Vente de muguet dans les rues de Paris, le 1er mai 1924 - Photo : Agence Rol.

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Commentaires: 1
  • #1

    Roselyne CECCATO Rosalina Corrāa (vendredi, 04 mai 2018 17:02)

    Très Interessant MERCI